Hausse des prix des panneaux solaires en 2026 : TVA à l’export en Chine, matières premières… pourquoi les particuliers et pros ont intérêt à anticiper
Après une période de baisse marquée, le marché du photovoltaïque pourrait connaître un changement de tempo en 2026. En cause : une mesure annoncée en Chine premier pays exportateur de modules qui prévoit de supprimer les remboursements de TVA à l’export sur les produits photovoltaïques à partir du 1er avril 2026.
Pour les batteries, la trajectoire est plus progressive : la Chine prévoit de réduire le remboursement de TVA à l’export de 9 % à 6 % du 1er avril au 31 décembre 2026, puis de le supprimer au 1er janvier 2027.
Pour un projet solaire maison ou entreprise, la question devient très concrète : faut-il attendre… au risque de voir les coûts remonter, ou les délais se tendre ?
On vous explique tout.
En bref : ce qu’il faut retenir en 30 secondes
Une date clé : 1er avril 2026
La Chine prévoit de supprimer les remboursements de TVA à l’export sur les produits photovoltaïques dès le 1er avril 2026.
Stockage : hausse possible par étapes
Pour les batteries, la baisse de remboursement (9 % → 6 %) en 2026, puis la suppression en 2027, peut mettre une pression progressive sur les coûts du stockage.
Contexte : chaîne PV et matières premières redeviennent “sensibles”
Au-delà de la fiscalité, l’industrie surveille aussi plusieurs postes de coûts : l’argent (pâte d’argent des cellules), l’aluminium (cadres), le verre… avec des signaux de tension commentés dans la presse spécialisée.
Sur 6 mois : une remontée “à deux chiffres” est désormais sur la table
Entre l’annonce de la fin des remboursements de TVA à l’export, l’éventuel effet d’anticipation sur les commandes et la sensibilité des matières premières, plusieurs acteurs du marché évoquent un retour de la hausse sur 2026.
Dans ce contexte, à titre d’ordre de grandeur, un scénario de remontée autour de +15 à +20 % sur le prix des modules sur les six mois qui suivent l’échéance, et +10 à +15 % sur les batteries sur le même laps de temps, fait partie des hypothèses suivies par la filière.
Ces fourchettes restent indicatives : elles peuvent varier selon les stocks, les gammes, les contrats et les délais.
Ce qui change au 1er avril 2026 : la fin d’un “coup de pouce” à l’export
Sur le papier, c’est une mesure fiscale. Dans la réalité, c’est un paramètre qui peut peser sur les devis. La Chine a annoncé que les remboursements de TVA à l’export sur les produits photovoltaïques seraient annulés à partir du 1er avril 2026.
Selon Reuters, l’objectif est notamment de freiner la baisse des prix à l’export alimentée par une concurrence intense et d’éviter que le mécanisme de remboursement soit utilisé comme une forme de remise indirecte.
Batteries : une hausse “en escalier” jusqu’en 2027
Pour les batteries, l’annonce est claire : réduction du remboursement à l’export en 2026, puis suppression en 2027.
Et le marché n’attend pas toujours le calendrier pour réagir : Reuters décrit un effet d’anticipation, avec des signaux de tension sur certaines matières liées au stockage (dont le lithium) après l’annonce.
Matières premières : l’argent redevient un sujet (et pas seulement pour la finance)
On l’oublie parfois : un panneau solaire, ce n’est pas “juste du silicium”. Et parmi les postes qui pèsent sur les cellules, l’argent revient au centre du jeu.
En janvier 2026, pv magazine explique que la pâte d’argent utilisée pour la métallisation des cellules peut peser très lourd dans les coûts, ce qui accentue la pression sur les fabricants lorsque le prix du métal grimpe.
Dans le même temps, les industriels accélèrent les efforts de “thrifting” (réduction d’usage) ou de substitution, mais ces transitions ne se font pas en un claquement de doigts.
Pas que l’argent : aluminium, verre… le “vrai” coût d’un module, c’est une addition
L’autre angle utile, surtout pour un lectorat grand public, c’est de rappeler que le coût d’un module est une addition de postes très concrets : cadre aluminium, verre, pâte d’argent, encapsulation, connectique…
Fin 2024, il a été rapporté ainsi que, sur certains marchés, les cadres aluminium et le verre figuraient parmi les tout premiers postes de coût d’un panneau, devant d’autres composants.
Cette hiérarchie évolue selon les périodes, mais elle illustre une chose : le module dépend de matériaux industriels dont les prix ne restent pas toujours stables.
Pourquoi cela peut faire remonter les devis en France : l’effet domino
Aucune hausse n’est automatique au centime près. Mais plusieurs mécanismes sont classiques et ils peuvent se cumuler.
Un choc fiscal qui peut se répercuter sur l’import
Si le remboursement disparaît, les prix de sortie peuvent s’ajuster, surtout si le marché se tend en parallèle (stocks, contrats, volumes).
Un effet “course aux commandes” avant la date couperet
Plusieurs observateurs évoquent un risque de “frontloading” : des commandes avancées avant l’échéance, puis un marché plus tendu ensuite (délais, disponibilité, logistique).
Une chaîne amont qu’on peut suivre… semaine après semaine
Pour objectiver ce qui se passe, certains indices publient un suivi régulier des prix (polysilicium, wafers, cellules, modules, verre). TaiyangNews publie par exemple un PV Price Index avec graphiques, utile pour visualiser la volatilité de la chaîne.
Particuliers : ce que ça change (sans dramatiser)
Pour un foyer, l’idée n’est pas de se précipiter, mais d’être lucide : si votre projet est déjà mûr, 2026 peut être une période moins confortable sur les coûts matériels ou plus incertaine sur les délais.
Le bon réflexe : cadrer maintenant (toiture, usages, dimensionnement, option batterie si elle a un vrai rôle).
Professionnels : sécuriser le budget… et le planning
Côté entreprises, on ne parle pas seulement d’un “prix de panneau”, mais d’un ensemble : structure, raccordement, sécurité, chantier, planning et parfois ombrières, carports, bornes de recharge, stockage.
Dans un marché plus volatil, deux enjeux dominent :
Choisir un scénario adapté à l’activité (toiture/parking, recharge, stockage si utile)
Sécuriser le calendrier, pour éviter qu’un projet “glisse” dans une phase de marché moins favorable
L’urgence, la vraie : anticiper intelligemment
Dans un marché où la fiscalité export change et où plusieurs composants (argent, aluminium, verre) redeviennent sensibles, le risque principal pour un porteur de projet, c’est la perte de visibilité : budget qui bouge, disponibilités qui se tendent, planning qui glisse.
Et même si personne ne peut promettre un chiffre “au centime”, les discussions de marché convergent vers un point : sur un horizon de six mois, une remontée de l’ordre de +15 à +20 % sur les modules et +10 à +15 % sur les batteries est un scénario que beaucoup veulent éviter en tardant.
D’où l’intérêt, quand un projet est mûr, de le cadrer et le planifier avant une période potentiellement plus incertaine.
Sources (externes)
pv magazine (09/01/2026) : https://www.pv-magazine.com/2026/01/09/china-to-abolish-solar-export-tax-rebates-from-april/
Reuters (09/01/2026) : https://www.reuters.com/sustainability/climate-energy/china-scrap-export-tax-rebates-photovoltaic-battery-products-2026-01-09/
SCIO (12/01/2026) : https://english.scio.gov.cn/pressroom/2026-01/12/content_118274454.html
TaiyangNews PV Price Index : https://taiyangnews.info/price-index/taiyangnews-pv-price-index-end-of-year-2025
pv magazine (30/12/2024) : https://www.pv-magazine.com/2024/12/30/aluminum-frames-lead-solar-panel-costs-amid-shifting-industry-prices/
pv magazine (13/01/2026) : https://www.pv-magazine.com/2026/01/13/solar-module-prices-lagging-behind-soaring-silver-costs/
